Présentation

Texte libre

 

Mon atelier d'écriture:

http://papierlibre.over-blog.net

Recommander

Dimanche 5 mars 2006 7 05 03 2006 15:43

             Quinze ans. 

 

            Quelque chose attend. Quelque chose est là, cacher derrière sa main, dans sa poche, on ne voit pas, on ne sait pas quoi, ni d’où, ni pourquoi, mais qui attend…      On voit son autre main, à lui, dire au revoir, de manière maladroite, ne sachant comment utiliser ses doigts. Doigts raides sur main ballante ou doigts battants sur paume douce. Douce menotte de bébé qui lui dit à elle, coucou sur le manège qui le transporte.  Premier départ,  premier adieu. 

 

            On ne sait pas, s’il va lui sourire. Lui-même ne semble pas savoir. Sourire nigaud, sourire figé, entre les deux, son cœur hésite. Silence... puis embarras.   Partir vite, ne pas la voir pleurer, ni se serrer contre elle…  

 

            On entend, qu’il lui dit de ne pas l’appeler.  Qu’il ne faut pas qu’elle s’inquiète, il sera là lundi. La tête baissée, il se dérobe à son regard. Tandis que ses yeux, à elle, ses yeux sucrés de mère gâteau s'écarquillent et attendent un retour.  

            A lui, on lui remarque sa froideur, sa froideur volontaire, à elle son abusive candeur.  Il lui répète de ne pas l’appeler... son téléphone n’est nulle part. Il est éteint. 

 

             Elle le regarde,attendrie,  disparaître dans la rue.  Petits pas de bébé qui vont trop vite. Attention aux voitures, il ne faut pas courir. 

 

               On le voit se presser, volontaire et sûr de lui, mettre un pas devant l’autre

 

             Elle garde une main levée.  Ne surtout pas la baisser, il peut se retourner ...

               Parfois il penche son visage d’un côté, il sent qu’elle est encore là ,alors il accélère le pas, lève son buste, paraît encore plus grand et marche droit vers son but.

               On se doute qu’il va passer un virage. Transition.   

            Tâche noire au loin et puis plus rien. Elle se dit qu'elle a laissé partir son ado, son enfant, son bébé.  Peau douce qui lui fait coucou, peau acnéique qui ne l’embrasse pas.  

 

               Il se retourne pour s’assurer qu’elle ne le voit plus. Il ralentit son pas.  Il baisse son torse pour être plus petit et, timide, il marche sur ses orteils.  Il se tourne une nouvelle fois, au cas où elle accourrait. Il peut avoir oublié quelque chose. 

             Or, on sait qu'il n’a rien oublié. On voit qu’il serre encore très fort l’objet qu’il a dans sa poche.  Il le sort, le caresse et il n’hésite pas longtemps pour allumer son portable. On le surprend à sourire.  Il est relié, à nouveau à elle. Il se dit qu'elle peut appeler maintenant.    

              Nathalie C

 

 

 

 

         

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Nathalie - Publié dans : Mes textes
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Dimanche 5 mars 2006 7 05 03 2006 15:37

    

            Eden

Combien de jours et combien de nuits passées, à me demander si tu disais vrai. Combien de doutes m'ont assaillie et combien de pages, j'ai griffonnées ; des pages, tantôt blanches ou tantôt perverses pour t'écrire que je t'aimais autant que je te maudissais.  De récurrents brouillons et de milliers de ratures pour te bannir de ton geste fou ou te sublimer de l'avoir fait. 

 

            Ton geste.Tu disais que tu serais mieux là-bas. Dans ce Nouveau Monde que tu avais si souvent supposé. Ce lieu enchanteur où des harpes riaient sur des notes inconnues d'où elles puisaient leurs hardiesses dans le bercement de l'eau et les tourments du vent. Tu prétendais aussi, que des rivières danseuses émanaient de quelques roches fécondes, et qu'elles ressemblaient à des nappes d'huiles où tu pouvais glisser, patiner, t'élancer puis t'envoler au-dessus d'elles, tel un saint acrobate. 

 

            Tu affirmais que de grands arbres au profil guerrier se croisaient, se saluaient et se métissaient sans jamais s'entrechoquaient ni même s'affrontaient ;

 Que quelques paradisiers, dans des branches offertes, y sifflaient au même rythme que les cascades émergeaient

            Et puis, cette douce musicalité, que tu écoutais souvent, bien des fois, il m'avait semblé l'entendre ;ce n'était plus de ta folie que tu me renvoyais, mais c'était bien des caresses sages, divines et angéliques que tu me raisonnais dans mon piètre esprit de non-croyante. 

 

               Combien de moments las et longs à attendre mon tour. Combien de caprices et prières inventées par mes soins, à supplier les dieux et les diables, de me faire un signe . Rien.

            Seulement ta jeune silhouette traversant un champ de lumière et arrivant enfin à son but. Juste une image. La tienne. Celle qui, aujourd'hui, me ferait croire que cela pourrait ne pas être qu'une simple chimère, mais bien une allégresse qui ferait que mon âme s'exalterait sur la même grandeur que celle que tu avais désirée... 

 

            Nathalie C

 

 

 

 

 

Par Nathalie - Publié dans : Mes textes
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander

Calendrier

Décembre 2009
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Images aléatoires

  • essai-nikon-112.jpg
  • mart_2.jpg

Recherche

Concours

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus