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Vendredi 17 novembre 2006 5 17 11 2006 15:31

Petit conte pas drôle du tout en quelques épisodes...


 

Au diable !Qu’avait voulu dire sa mère ? se demanda Tito.  Envoyer les gens au diable c’était les punir en enfer ! C’était ce qu’il avait cru comprendre pendant ses heures de catéchisme. Et, châtier les jumelles alors que tous les dimanches elles allaient à la messe, il était difficile de les jeter au malin !

 Désormais, Tito se méfiait de toutes les filles qui lui rôdaient autour, sinon ça tournerait au cauchemar comme l’avait prédit sa génitrice. Mais jamais elle ne saurait qu’il avait aimé jouer au docteur avec ses petites voisines, lesquelles juste avant qu’ils ne se fassent attraper lui avait enfin autorisé à prendre le rôle du médecin-chef. Un rôle de chef, il en rêvait… 

La mère n’en finissait plus de féliciter son fils de la prudence qu’il éprouvait envers les deux coquines et elle en expérimenta un plaisir non dissimulé. Elle le plaquait fort contre sa poitrine opulente, puis dans ses bras le recouvrait de câlins chaque fois qu’il fermait et claquait la porte au nez des deux plaies qui repartaient tristement chez elles leurs têtes baissées dans les épaules.

La mère n’était pas seulement protectrice. Elle était très jalouse. D’une jalousie maladive.

A l ’idée qu’on lui prenne son fils ou que lui-même s’affectionne pour une autre qu’elle, lui était insupportable.  Pendant l’absence des jumelles, ce fut la communion parfaite. Enfin… tout début.

     Très vite, Tito se sentit de plus en plus seul. Mais pas simplement seul parce qu’il n’avait pas d’amis. Seul avec lui-même, seul dans un genre unique avec la certitude d’être exceptionnel dans un monde qui lui échapperait tous les jours.         

Face à la réclusion grandissante de son fils, la mère que l’inquiétude et l’incompréhension naissante à l’égard de son rejeton rendaient plus distante, autorisa de nouveau les voisines à venir chez eux, à la condition de s’amuser dans le salon et non pas dans la chambre, d’où elle pouvait facilement entretenir une surveillance rapprochée.

A suivre NatC 

Par Nathalie - Publié dans : Mes textes
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Jeudi 16 novembre 2006 4 16 11 2006 07:05

 

 

 

 

 

 

 

 

Tito était un enfant étrangement beau.Bien plus beau que ses parents.La nature lui avait donné un vrai visage.Celui que l'on imagine volontiers être celui d'un ange.

Ses cheveux châtains ondulaient sur sa silhouette fine et masculine déjà sculptée comme celle d'un petit athlète. Sa mère ne se lassait jamais de le regarder, bien au contraire , tous les jours elle se demandait comment elle avait fait pour mettre au monde un gamin comme lui.

Aussi, les petites jumelles, voisines de Tito, avaient remarqué la grâce du garçon. Déjà coquines pour leur âge, plus prêt de celui du bébé que celui de l'adolescence,elles se rendaient chez l'enfant à chaque sortie d'école. Tous les trois s’appliquaient à un jeu qui consistait à examiner leurs corps nus, Tito jouant le rôle du malade et les fillettes préférant celui du docteur.

Mais un jour la mère de Tito se rendit compte de leurs petits manèges beaucoup trop tactiles à son goût et, furieuse, décida d'éloigner les morveuses de son garçon chéri.Tito ne comprenant pas la colère de sa mère reçut cette explication tranchante: « Ces filles sont impudiques, sottes et vicieuses.Leur jeu est dégoûtant ». Puis elle rajouta que si par malheur cela devait se reproduire, il n'avait qu'à les envoyer au diable ! À suivre NatC

 

Par Nathalie - Publié dans : Mes textes
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Mercredi 15 novembre 2006 3 15 11 2006 08:33

 Petit conte pas drôle du tout en quelques épisodes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sa mère lui avait procuré une auto et la déposa sur sa table de chevet.Une toute petite voiture,pas plus grosse que son réveil aux aiguilles pointues.

Tito se disait que lorsqu'il serait grand,il achèterait exactement la même.Il avait hâte que le temps s'accélère,il écoutait souvent le tic tac du cadran tournait tout en regardant la rutilante miniature bleue.

Le père profitait aussi de ses séjours à Genève pour offrir à son épouse des couteaux suisses.Pas qu'elle n'aimât particulièrement ce type d'objet,mais c'était une femme qui adorait les cadeaux étranges.Paul voyageait beaucoup,ainsi sur le buffet de leur salle à manger était alignée une orgie de canifs tous aussi différents des uns des autres.

Souvent Tito s'amusait à les classer par ordre de grandeur ensuite par couleur et pour finir il les énumérait en prenant soin de les nommer puis de les dater. Quand sa mère le surprenait à ce jeu-là, elle le prenait pour un génie qui savait mieux compter que personne et jamais elle ne l'avisa du danger que représentait un couteau aussi petit qu'il soit.A suivre NatC

Par Nathalie - Publié dans : Mes textes
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Mardi 14 novembre 2006 2 14 11 2006 17:10

Petit conte pas drôle du tout en quelques épisodes....


 

Toutes les années à la même époque,Paul ramenait de très belles photos de voitures de collection à son fils Tito  à peine âgé de huit ans,de la foire internationale de l'automobile à Genève. Un pays très très loin...

Tito ne pouvait pas accompagner son père,car sa mère refusait encore de le laisser voyager avec toujours la même excuse,celle d'être encore trop jeune .Quatre ans que sa mère hésitait à le voir grandir.

C'était son bébé,son unique progéniture,celle que le ciel lui avait enfin accordée au bout de longues années,et,celui-là,elle ne le laisserait pas partir de sitôt.

Pourtant il en rêvait,le petit tito,de voir pour de vrai,ces flambantes autos,surtout les sportives.Il était en autre stoïque devant la ford bleu turquoise qu'il imaginait conduire plus tard...A suivre NatC

Par Nathalie - Publié dans : Mes textes
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Samedi 11 novembre 2006 6 11 11 2006 18:27
  Livre - Les Ames grises de Philippe Claudel
 

LES AMES GRISES

DE PHILIPPE CLAUDEL

 

   




Un meurtre en pleine guerre, dans la grisaille humide de l'hiver 1917. Mais saura-t-on jamais qui a étranglé Belle de Jour, la gamine de Bourrache, le bistrotier de ce bourg du nord de la France, à quelques kilomètres du front d'où arrive par vagues le vent de la canonnade? Qu'importe, après tout, l'assassin, tout le monde l'est un peu dans cet univers glauque, alourdi de pluie et d'un passé qui ne se dit pas. Les apparences désignent Destinat, le magistrat pourvoyeur de gibiers de potence, vieillard solitaire et taiseux, mais est-il plus coupable que le juge Mierck qui ne l'interroge pas - si on ne s'aime pas, on appartient à la même société et on ne la compromet pas en jetant la suspicion sur l'un des siens - et qui préfère se débarrasser de deux déserteurs, boucs émissaires providentiels d'une faute qu'ils n'ont peut-être pas commise? Nul n'est innocent, et pas davantage le narrateur, policier au rancart qui noie dans un mauvais vin son chagrin de Clémence, sa femme morte en couches, seul rayon de lumière sous ce ciel bas avec Lysia, la petite institutrice qui ne supportera pas la disparition de son fiancé à la guerre. Le narrateur donc, témoin d'abord falot mais de plus en plus engagé dans un drame que sa chronique, intelligemment déstructurée par Philippe Claudel, va mêler tout à la fin à un autre drame, le sien.

Dans ce roman de très belle facture, où l'émotion affleure, toujours retenue par la pudeur un peu farouche de celui qui rapporte cette affaire - «l'Affaire», écrit-il même -, c'est bien le gris qui l'emporte, non pas le gris de la mort, partout présente, ni le gris du temps, ni le gris de la lâcheté humaine, mais un autre gris, celui, obsédant et lumineux, de ces «âmes» torturées par le mal, un mal plus immatériel, plus profond que le crime qui les occupe, auquel toutes, à des degrés divers, ont participé. Il émane de ces pages une beauté grise et envoûtante qui tient tout autant à l'arrière-plan historique, la fameuse année 1917 marquée par les mutineries et les désertions dans l'armée, qu'à l'intimité de ces créatures jetées dans le désordre de leurs passions. Philippe Claudel a signé là une œuvre austère, sombre mais forte.



 


 

 

 

La petite fille de Monsieur Linh de Philippe Claudel

Extrait :

?Monsieur Linh s'est levé. Il vient de se rendre compte qu'il est tard et qu'il n'a rien pris dans sa poche pour nourrir sa petite fille. Il lui faut rentrer avant qu'elle ne se réveille. Avant qu'elle ne pleure parce qu'elle aurait faim. Elle ne pleure jamais, mais justement, le viel homme espère qu'il en sera toujours ainsi, qu'elle ne pleurera jamais, tant qu'il saura s'occuper d'elle, tant qu'il sera là, pour elle à prévenir tous ses désirs et à chasser toutes ses peurs.?

Éditions Stock - 159 pages


 

  Livre - Kafka sur le rivage de Haruki Murakami

 

Magique, hypnotique, Kafka sur le rivage est un roman d'initiation où se déploient, avec une grâce infinie et une imagination stupéfiante, toute la profondeur et la richesse de Haruki Murakami. Une oeuvre majeure, qui s'inscrit parmi les plus grands romans d'apprentissage de la littérature universelle. Kafka Tamura, quinze ans, fuit sa maison de Tôkyô pour échapper à la terrible prophétie que son père a prononcée contre lui. Nakata, vieil homme simple d'esprit, décide lui aussi de prendre la route, obéissant à un appel impérieux, attiré par une force qui le dépasse. Lancés dans une vaste odyssée, nos deux héros vont croiser en chemin des hommes et des chats, une mère maquerelle fantomatique et une prostituée férue de Hegel, des soldats perdus et un inquiétant colonel, des poissons tombant du ciel, et bien d'autres choses encore...

Avant de voir leur destin converger inexorablement, et de découvrir leur propre vérité.

 J'ai adoré !Et vous?


 

Par Nathalie - Publié dans : livres...
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