Suicide

Publié le par Nathalie

A mon frère

Train de la mort. Sectionnement. Saisons après saisons. La souffrance marche.

Il a si mal. Il se blottirait bien entre deux rails.Les klaxons violents ressemblent à l'éternité.

Il est trop fatigué. Une lutte sans merci.

Trop longtemps que la folie se couche dans ses bras. Trop longtemps qu'il lui résiste aussi.

Il est l'écaille de sa propre coquille. Bien longtemps que les eaux érodent ses parois.

Trop longtemps qu'il marche vers le repos. Souffrance. Il ne peut plus.

À quoi ça sert de rester?

Il plante et attend le grand bleu. Fracas.Choc. Éclatement. Ils le cherchent.Il est de partout.

Il plane sur les aigles .Nat.C

 

Publié dans Mes textes

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frenchpeterpan 13/05/2006 13:31

j'ai oublié
ne me décris pas STP comme un "poète"
gardons ce mot très honnêtement pour ceux qui savent écrire
je ne suis qu'un petit écrivaillon de plus qui tente d'écrivasser ;-)
je dis ça sans aucune flagornerie ou fausse modestie
je n'ai pas non plus de complexe d'infériorité
un peu de lucidité juste (et des lectures à côté)
c'est tout
bien à toi

frenchpeterpan 13/05/2006 11:55

« la mort est le tournant de la route
mourir, c’est seulement ne plus être
vu. Si j’écoute, j’entends tes pas
Exister comme j’existe. » Fernando Pessoa

Chère Nathalie :
Ma position est singulière car je « vivais » avec le suicide en tête depuis l’âge de 15 ans à 30 ans environ, une sorte de dépression, un profond mal de vivre ; 2-3 fois (peut-être) seul le chagrin que j’aurais causé à ma mère a peut-être retenu mes gestes. Je me souviens parfois de terribles coups de poignard sans cause. Aujourd’hui père de deux garçons, les idées de suicide sont devenues beaucoup plus lointaines. J’ai lu quantité d’ouvrages du vieux Durkheim à des textes plus récents, en Afrique j’avais là les comprimés en main pour en terminer ; je ne sais toujours pas pourquoi de telles idées viennent parfois comme des leitmotivs t’encombrer l’esprit. Je ne connais pas l’histoire de ton frère et ne peux donc pas en parler ; je sais seulement qu’il a dû beaucoup souffrir pour choisir cette fin-là et surtout qu’il faut respecter ce geste. Je ne sais pas l’âge que tu avais à ce moment, mais tu as dû toi aussi beaucoup souffrir. Pourtant ton blog montre quelqu’un d’apaisé, heureux de vivre. Tant mieux.
Alors que la sécurité se renforce un peu partout, le risque de décès des moins de 25 ans augmente régulièrement : accidents de la route, tentatives de suicides, ordalies, etc ; il y aurait là grande matière à étudier ; chantage ou auto-destruction, nous sommes tous toujours aux frontières de la mort, nous vivons avec ; pourtant l’escamotage de la mort par nos sociétés n’est pas une bonne chose. Le refus en famille de parler de tout cela. Et pourtant c’est bien toute la parentèle qui en souffrira.
Encore une fois, seules les paroles vont réconforter, le silence est vraiment trop dangereux.
Autour de moi – je vais avoir 50 ans – je me souviens au moins d’une dizaine de suicidés, certains je n’aurais même pas imaginé tant leur silence était éloquent !

Dans certaines tribus du Sud-Est asiatiques, pour nommer le passé, contrairement à nous, on utilise l’expression « Ce qui est devant moi. ». Et pour nommer l’avenir « ce qui est derrière moi ». Le passé est connu il est devant nous, nous le voyons. Il n’est plus objet de craintes. L’avenir demeure inconnu : il est derrière nous, dans notre dos, et fait peur comme une bête invisible, tapie dans la jungle. Si pendant sa vie l’on a osé prendre des risques et si l’on a tenté de dominer sa peur, peut-être devient-on capable de faire passer – un peu – ce qui est derrière, devant ; de regarder la mort en face. Jean François Deniau

Chère amie, bien sûr ce texte n’est pas du tout ce que je voulais écrire initialement (rires), mais mes difficultés chroniques (et apparemment ça s’aggrave avec le temps) à trouver les mots justes m’obligent à faire plus court que souhaité. Il ne fait pas bon vieillir, ces fameux neurones qui partent en vacances, au soleil, eux aussi.
Donc je t’embrasse et suis heureux que tu ais eu envie de parler de ton frère et de ce train bleu. Et je crois bien moi aussi qu'il plane parmi les aigles.
Bises du samedi (ce sont les meilleures). Marco.

Pauley 12/05/2006 22:16

Très beau texte en effet, merci à french peterpan. Bisous Nat

lili :0091:: 12/05/2006 21:46

  un bonsoir du soir, bonne nuit, :0010:

lili :0091:: 11/05/2006 20:43

train de la mort, souffrance, folie, suicide fracas disparition, fin ou renouveau vers un ailleurs meilleurs.....pas de réponse hélas
                       très bonne soirée, et :0010: