Eden
Combien de jours et combien de nuits passées, à me demander si tu disais vrai. Combien de doutes m'ont assaillie et combien de pages, j'ai griffonnées ; des pages, tantôt blanches ou tantôt perverses pour t'écrire que je t'aimais autant que je te maudissais. De récurrents brouillons et de milliers de ratures pour te bannir de ton geste fou ou te sublimer de l'avoir fait.
Ton geste.Tu disais que tu serais mieux là-bas. Dans ce Nouveau Monde que tu avais si souvent supposé. Ce lieu enchanteur où des harpes riaient sur des notes inconnues d'où elles puisaient leurs hardiesses dans le bercement de l'eau et les tourments du vent. Tu prétendais aussi, que des rivières danseuses émanaient de quelques roches fécondes, et qu'elles ressemblaient à des nappes d'huiles où tu pouvais glisser, patiner, t'élancer puis t'envoler au-dessus d'elles, tel un saint acrobate.
Tu affirmais que de grands arbres au profil guerrier se croisaient, se saluaient et se métissaient sans jamais s'entrechoquaient ni même s'affrontaient ;
Que quelques paradisiers, dans des branches offertes, y sifflaient au même rythme que les cascades émergeaient
Et puis, cette douce musicalité, que tu écoutais souvent, bien des fois, il m'avait semblé l'entendre ;ce n'était plus de ta folie que tu me renvoyais, mais c'était bien des caresses sages, divines et angéliques que tu me raisonnais dans mon piètre esprit de non-croyante.
Combien de moments las et longs à attendre mon tour. Combien de caprices et prières inventées par mes soins, à supplier les dieux et les diables, de me faire un signe . Rien.
Seulement ta jeune silhouette traversant un champ de lumière et arrivant enfin à son but. Juste une image. La tienne. Celle qui, aujourd'hui, me ferait croire que cela pourrait ne pas être qu'une simple chimère, mais bien une allégresse qui ferait que mon âme s'exalterait sur la même grandeur que celle que tu avais désirée...
Nathalie C
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